On le sait, l’installation d’antennes relais est souvent décriée (peut-être à juste titre) du fait de la nocivité présumée de celles-ci. Mardi soir, au sein de la mairie du 14ème arrondissement de Paris n’avait pas lieu un mariage, loin de là. Se trouvaient ici Catherine Gabey, négociatrice envoyée par Free, le maire Pascal Cherky, et des résidents du périmètre du 64 rue de la Santé à Paris où se situent trois antennes installées par le nouvel opérateur.

Contexte

En 2009, la mairie d’arrondissement avait émis un avis négatif concernant l’installation de cette antenne. Toutefois, cet avis n’est en rien suspensif et a tout de même permis à Free la mise en place du matériel. Le maire rappelle d’ailleurs: « nous n’avons pas les moyens juridiques de nous opposer à l’antenne. ». Aujourd’hui, il est question d’allumer celle-ci, une situation qui ne satisfait guère les riverains qui souhaitent la dépose de l’antenne.

Free s’est retrouvé dans une situation inextricable. En effet, depuis 2009, la grande majorité des avis municipaux concernant l’installation des antennes relais est négatif. Free est donc passé en force. La loi fait force et permet l’installation avec pour contrainte le respect des normes. Alors que l’opérateur installe 3 antennes couvrant les 360 degrès du périmètre, un collectif de riverains se constitue, avec l’aide des Robins des Toits et Priarthem. Des manifestations sont organisées.

Dans une démarche de concertation Free propose alors une simulation des doses d’ondes émises par ses antennes vers l’école, la crèche et l’hopital Saint Anne. L’association Robin des Toits salue l’initiative: « Free permet une rénovation de la concertation en matière d’implantation d’antennes-relais à Paris. ».

Retour dans la salle de mairie

Dès le départ, les riverains n’écoutent aucun des arguments de la négociatrice envoyée par Free. Une heure plus tard, ces derniers enfin calmés écoutent les résultats de la simulation. Les doses sont conformes aux normes en vigueur (2,34 volts/m pour une dose maximale de 4,66 volts/m). Or, l’association Robins des toits préconise un changement de réglementation à 0,6 volts/m.

Le lendemain

Branle bas de combat, une quinzaine de riverains, pancarte à la main ont manifesté hier matin contre l’antenne en question. Pauline Rocher, vice-présidente du conseil de quartier fixe de nouvelles contraintes: « on aurait aimé que Free accepte le nouveau seuil de 0,6 v/m, et que cela serve de point d’appui pour négocier la nouvelle charte. ». 

Free n’a pas de chance et vient trop tard. Célia Blauel, en charge du dossier à la mairie, l’avoue: « C’est vrai que cela a un côté un peu injuste que cela tombe sur Free qui est bien obligé de déployer. C’est vrai qu’ils paient pour les autres ». Situation ubuesque où la règle du jeu change à mesure du temps qui passe.

Source: Ecrans