En cette période électorale, tout doit entrer dans le cadre binaire droite/gauche. Il en va de même pour les entreprises qui, selon une étude de Nomen Research, véhiculent tantôt des valeurs de gauche, tantôt des valeurs de droite. Ce sondage a été réalisé entre le 16 et le 20 mars 2012 sur un échantillon de 963 français adultes.

23 entreprises des NTIC sont passées au banc d’essai. IBM, Blackberry, Microsoft et Apple sont majoritairement perçues à droite. Bouygues Télécom, Orange et SFR sont aussi plutôt perçues de ce côté de l’échiquier politique. Free entre dans la catégorie d’entreprises plutôt perçues à gauche (44% des sondés), ainsi que La Poste Mobile (38% des sondés).

Une logique faible et une idéologie forte

On peut se poser la question du fondement logique et idéologique de ces études. Rien n’est dit sur ce qui est qualifié de « valeur de gauche » ou de « valeur de droite ». Il s’agira, pour le sondé, de fonctionner selon un échiquier fictif (s’appliquant uniquement au politique et non aux entreprises) qui confine à un certain sectarisme de la pensée. Ainsi, inconsciemment, Apple serait une entreprise véhiculant des valeurs de droite pour l’élitisme imposé par les prix qu’elle pratique. Free inspirerait des valeurs de gauche en fonction des mêmes types de critères (forfait à 2 euros, par exemple). Or, les entreprises n’appartiennent à aucun rang politique, puisqu’elles ne briguent aucun pouvoir (sauf en sous-main…). De plus, l’objectif de l’entreprise au sein d’une économie ouverte dans laquelle la concurrence est libre et non faussée est de produire du profit, ce qui d’un point de vue général et binaire reviendrait à classer toute les entreprises à… droite, Free y compris.

Supplanter le politique par un capitalisme hégémonique

Dans la même logique, attendons nous à voir d’autres études binaires: « Cette entreprise véhicule t-elle des valeurs catholiques ou des valeurs protestantes? ». Ce type de sondage démontre une volonté certaine de placer l’entreprise au centre d’un dessein politique qu’elle n’a pas vocation à exercer. On inventera alors (en surface et pour la bonne conscience) une responsabilité sociale (ou sociétale) et environnementale de l’entreprise. Et si nous devions étendre le champs de réflexion, il existe une motivation inconsciente qui vise à placer le capital au même niveau que le politique, voire à le supplanter.  Ceci est déjà une réalité aujourd’hui, pour le plus grand malheur de tous (et ceci n’est pas une idée de gauche).

Bref. Free n’est pas plus de gauche que mon pullover est de droite.

Source: ZDNet