Les prix, dans l’univers du mobile, ont bougé en France grâce à Free. Ceci est un fait devenu indéniable. Plusieurs études comparatives ont montré que la seule annonce de l’arrivée de Free avait mené à un abaissement généralisé des prix sur ce marché. Toutefois, il semble que contrairement à ce que Xavier Niel a affirmé, Free Mobile pratique une stratégie de low cost. Mieux, le trublion a inventé un nouveau modèle: le « slow-cost ».
« Free n’est pas une entreprise low cost. » Xavier Niel
Free (en tant que fournisseur d’accès internet) n’est peut-être pas une entreprise low cost (quoi que…), mais Free Mobile a bel et bien mis en place un modèle low cost. Pour s’en convaincre, venons en à la définition de ce que l’on détermine par low cost: « Stratégie d’entreprise visant à réduire l’offre à l’essentiel des qualités attendues par le client en contrepartie d’un prix très bas. Le low cost n’est pas assimilable au bas de gamme où la qualité substantielle peut être mise à mal. » (Source: Mercator, édition Dunod).
Peut-on penser que Free Mobile a développé une stratégie low cost? Assurément; et ce en contravention totale avec ce qui avait été affirmé par Xavier Niel: « Free n’est pas une entreprise low cost. Nous avons des offres à bas coûts, mais nous sommes une entreprise raisonnable ». On le remarque, il y a contradiction entre ce que dit le fondateur de Free et les définitions des ouvrages spécialisés. En effet, en réduisant à deux offres son catalogue commercial et en découplant le prix du forfait de celui du terminal, Free Mobile entre bel et bien dans le cadre de cette définition.
Juger d’un modèle low cost est aussi affaire de comparaison
La définition donnée plus haut vaut pour le cas général. Toutes les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes enjeux. Dès lors, la structure de coûts peut être faible en proportion du chiffre d’affaires, alors que dans le même temps les services peuvent être pléthoriques et qualitatifs. Il faut donc comparer les structures de coûts des acteurs du secteurs.

L’Usine Nouvelle a réalisé cette démarche pour nous. Un cabinet d’études mandaté pour l’occasion a tenté de comparer les marges entre les opérateurs historiques et Free Mobile. Le résultat est sans appel. Lorsque les opérateurs historiques font 33% de marge sur les ventes de leurs forfaits, Free Mobile en fait 60. Pour arriver à ce résultat, Free ne fait aucun effort sur le prix du terminal (on remarque, par ailleurs, que le prix du terminal est d’abord un coût pour l’entreprise), puis c’est la force commerciale et le service après-vente qui voient leurs coûts abaissés par rapport à ceux des concurrents.
Free a inventé un modèle Slow Cost
En rognant sur les coûts, Free arrive tout de même a aligner sa qualité de service par rapport à ses concurrents. Comme la définition du Mercator l’indique, nous sommes ici loin du bas de gamme. Il est vrai que chaque jour ce site annonce le lancement d’une nouvelle fonctionnalité chez Free Mobile. Néanmoins, puisque la stratégie mise en place engendre des coûts faibles, les moyens humains et techniques mis à la dispositions de Free Mobile doivent logiquement être faibles (ou plus faibles que ceux des concurrents). Développer une fonctionnalité mineure sur le site internet prendra alors de nombreux jours.
Free a donc mis au jour un nouveau modèle marketing. Alors que l’entreprise s’est lancé sur un marché où la vitesse semble être un atout majeur, Free Mobile n’a d’autres choix que de faire patienter ses clients. Le « slow cost » est donc né de la conjonction entre l’impératif de vélocité impossible à respecter, des coûts allégés et de nombreux services déjà annoncés.
Néologisme marketing inspiré par Brigant (lecteur du site à qui vont mes remerciements).








![[MàJ: Impossible d'appeler depuis l'étranger] Mini-édito: L’international sur le forfait 2 euros… Difficile à comprendre!](http://www.freemobileactu.com/wp-content/uploads/2012/01/ire2e2002-50x50.jpg)


![[MàJ2] Une panne chez Free Mobile… Quelle panne?](http://www.freemobileactu.com/wp-content/uploads/2012/03/SC20120320-183854-50x50.png)


Intéressant comme idée, mais je crois que le vrai pblème c’est qu’en France quand on dit low-cost on est pendu haut et court. Juste une histoire de communication? Oui free fait du low cost et aussi du slow cost (mais bien slow!)
le com’ de brigant m’avait aussi fait tilter. Tu devrais en faire une thèse brigant (si il me li
)
Que l’on pourrai traduire par: Je donne le minimum vitale et contractuel (et encore…) tant que mon point mort financier n’est pas atteints… Vivement les 3 millions d’abonnés….
Tu as l’air très virulent et je te comprends. Je pense que Free ne respecte pas tout ce qui se trouve dans les CGV (exemple: facturation du premier mois)… Avec free les gens sont trop cools (un peu comme pr apple).
Donc finalement, réaliste plus que virulent
Salut,
J’imagine que cet édito est la continuité du dossier d’hier. Je suis bien d’accord avec le fait que Free fait du low-cost. Le slow cost c’est bien trouvé car effectivement, on est pas sur le modèle de l’avionneur. Ici il y a besoin de vitesse pour être compétitif
Sans faire de politique cet article tombe pile sur l’émission de TF1 « parole de candidat ». Tjrs sans tomber dans le politique, mais Free fait de l’hyper-liberalisme son modèle et le plus fort c’est que les gens pensent que c’est à leur avantage. C’est en partie vrai, en partie faux. Dans cette période, je pense que le modèle de Free va inspirer les exemples des politiques pour définir ce qu’il faut ou ne pas faire…à voir avec la tendance politique…
Conso-acteur y va fort en analyse! L’analyse est juste et difficile de la mettre en défaut. Malgré ça, je pense qu’il faut être un peu indulgent avec Free. Si même les sites pro-free comme FMA se met à analyser le modèle comme du low cost, il va rester qui pour défendre Free?
Désolé, plus haut on parle de politique et hyper libéralisme alors que Free défend le consommateur! Et ils embauchent, même si ça reste loin d’Orange, ça embauche. Dommage de ne voir qu’un seul bout.
Excuse moi mais je pense qu’on est en plein dedans. Free défend le consommateur? C’est une entreprise! Ils vendent un service et point barre. L’argument commercial a fait mouche et puis c’est tout.
Encore et toujours un bel édito. Alors Slow Cost ou low cost, pour moi free fait plus ou moins comme Ryan Air… Sans les problèmes de sécurité et c’est heureux. Par contre, on attend!
Wahou, ça fait peur le niveau de l’analyse !
Faire un buzz monstrueux n’a absolument aucun prix.
=> conséquence, cela a décalé la mise au point de mobile.free.fr et engendré des petits problèmes de mise au point.
Free Low Cost ? Qui a proposé l’usage libtre d’internet sur mobile ? Les 3 Go de faire-use ?
Le forfait 2€ ultra personnalisable par son hors forfait très raisonnable ?
Le débit internet qui est très largement supérieur à Bouygues ou SFR ?
=> Free n’est pas low cost. Pour reprendre la définition, il y a plus que l’essentiel des qualités attendues.
Les boutiques des autres opérateurs ?
=> Ce sont des vendeurs et n’apportent donc rien à l’abonnement.
Free a beaucoup plus à voir avec la méthode agile qu’avec du low cost.
Si on regarde l’exemple de la Freebox, ils ont ajouté des services au fur et à mesure et les autres ont été surtout suiveurs.
Remarque: Combien de temps pour corriger le bug de facturation Sosh ?
La méthode agile n’est pas une stratégie… Wahou, ça fait peur le niveau du commentaire.
Remarque: Sosh est un low-costeur affirmé comme tel. Ce n’est pas Orange. Vous venez de comparé Free a une marque low cost d’Orange. Donc…
Quel arrogance Bruno! Tu réponds à côté de la plaque en confondant tout. On parle de stratégie, tu parles de gestion de projet. Le pire c’est que tu dis « Wahou ça fait peur le niveau de l’analyse ». Quand je vois la tienne, ça me fait extrêmement peur pour l’entreprise qui t’embauche… enfin, si tu manage quoi que ce soit!!!
Slow cost… C’est exactement le mot. Perso, j’attends la messagerie vocale visuelle et le EAP-SIM. Donc, very slow les mecs. Faut pas les pousser… 2 mois de lancement et 2 ans de préparation. Ils vont y arriver quand? Franchement, avant chez SFR je payais 50 euros, mais pour ce prix y’avait mon tel et en plus un vrai service qui marche. Je pense même repartir si ça ne bouge pas plus vite. Dommage car j’adhère à fond à Free.
Ah oui, je sais que pour certains la messagerie vocale visuelle c’est rien du tout… Mais pour mon travaille c’est un vrai gain de productivité, perdu en passant chez Free (Commercial itinérant). Ceux qui ont le même métier me comprendront en rentrant le soir.
Pour 50e avec un téléphone, qu’aviez-vous en terme d’abonnement et/ou de téléphone ?
Si cet outil est vraiment important dans le cadre de votre travail, je ne comprend pas pourquoi vous avez quitté votre opérateur pour en rejoindre un autre, nouveau qui plus est, où beaucoup de choses reste à mettre en place. Il fallait être un peu patient et attendre les retours des autres usagers.
[joke]
Sinon, faites installer des applications tiers à vos clients (style tango), tout le monde pourra s’envoyer des messages vidéos, ou s’appeler en visio conférence directement et le tout gratos si forfait data). ;o)
Autre solution, envoyer leur vos vidéos par mail en pièce jointe directement.
[/joke]
@Conso-acteur: Pas du tout, la méthode agile s’applique très bien aux organisations.
Ca fait des organisations plus efficace avec une structure de cout beaucoup plus légère.
Ex: la marque « Amora » est une entreprise qui avait (à son époque) une force marketing incroyable.
Les gars avaient pour habitude de prendre un café et de lancer pleins d’idées.
Ca a fonctionné du tonnerre et c’est dans la droite ligne du principe d’organisation agile.
Les méthodes agiles sont des « méthodes » (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_agile). Le low-cost est une stratégie globale d’entreprise. Cela n’a absolument rien à voir.
De plus, ce que je viens de vous dire ne veut pas dire que Free n’applique pas certaines méthodes agiles à certains management de projets.
Waouh le niveau du second commentaire…
@Conso-acteur La marque Sosh est présentée comme low-cost dans le but de faire passer la pillule de la baisse drastique de prix, au prix de pseudos limitations.
C’est du marketing, de l’enfumage.
OK. Que pensez vous du service après-vente de Sosh, uniquement disponible via le site internet « communautaire » et geré par la Sosh E-Team? N’est-ce pas un moyen d’abaisser ou, au minimum, rationaliser les coûts?
Wahou le niveau du troisième commentaire!
@conso-acteur
Autant pour moi, Sosh, c’est vraiment du low-cost !
Quand à mon commentaire marketing (extrait de mes cours de marketing), c’est pas parce qu’il relève le niveau qu’il vaut moins.
Et enfin je maintiens que les méthodes agiles s’appliquent très bien aux organisations pour avoir moi même participé à des réflexions sur l’optimisation de l’efficacité de mon entreprise (à mon niveau).
On écrit « Au temps pour moi ». Vous avez relevé le niveau marketing des commentaires… On le sent (ironie). Vous répondez à côté de la plaque sur un sujet qui n’a strictement rien à voir. Le low-cost est une stratégie globale de coût, pas une méthode d’organisation.
Wahou, vos analyses. C’est fini je ne répondrais plus avant que vous suiviez les conseils de Lariss que je viens de voir (retourner à vos livres).
@Lariss
« Peut-on penser que Free Mobile a développé une stratégie low cost? Assurément »
C’est sûr, puisqu’on vous le dit !
Le pire c’est que t’es sérieux. Le low cost a une définition! Et ici, y a rien à redire sur l’analyse. Tu n’as qu’à comparer avec d’autres stratégies, mais pas avec des méthodes de management de projet. Les méthodes agiles n’ont rien à voir avec une stratégie globale de développement d’entreprise. C’est un travail sur les process… Enfin t’as sûrement raison. Retourne à tes bouquins avant de dire n’importe quoi.
Très bon édito !
Et il semble que ce soit un modèle « en devenir », vu le nombre de « grincheux » qui critiquent mais restent quand même…parce qu’ils savent/supposent/fantasment les services innovants que free va mettre à leur disposition (par rapport aux autres opérateurs) !
Et je rejoins les com disant que « nous » sommes souvent trop « cool » avec free mobile…même si je ne suis pas d’accord avec la fréquence de certaines « plaintes » (récurrentes pour certaines, infondées – selon moi – pour d’autres).
Analyser Free comme Low Cost est à mon avis une erreur. Cf Free et la Freebox, où clairement Free a apporté au marché tous les services que nous connaissons pour un prix moindre que les FAI concurrents:
- accès internet certes
- puis téléphonie fixe incluse (puis internationale)
- tv
- timeshift et fonction magnétoscope
- service fax2mail
- téléphonie SIP
- CPL
- etc.
On n’est clairement pas sur une offre minimaliste pour une chasse aux coûts.
Aucune stratégie low-cost sous cet angle. Et on sait ou on attend le même type d’exhausitivité chez Free Mobile.
On peut alors considérer que le combiné téléhonique est un élément de service supplémentaire, ou que le réseau commercial est aussi un élément manquant à une offre qui ne voudrait pas être low-cost (mais c’est largement discutable, le combiné étant payé et contrepartie d’un engagement d’une part, et d’autre part le réseau commercial ayant un degré de performance très modérément ou diversement apprécié pour des problèmes de compétences).
Le modèle appliqué par Free Mobile est probablement Slow à la mise en oeuvre, mais n’est pas low-cost s’il aboutit au même degré de performance globale de services fournis au client, tout en ayant repoussé les « limites de l’illimité » sur le coeur voix et data (voir par exemple la mise en place d’un service de messagerie enfin décent aujourd’hui même par exemple, que je réclamais dans un article que je vous avais transmis récemment).
Le modèle est parfaitement connu et au coeur du capitalisme: c’est l’efficience contre l’efficacité, bien connu dans l’opposition entreprise privée contre service public.
Orange est efficace: son offre est complète, la plus étendue en couverture géographique, et plutôt fiable. Les moyens mis en face sont colossaux. Efficace, pas efficient.
Free comme Free Mobile est efficient : il atteint un degré de performance immédiat, et atteindra un degré de performance à terme, avec des moyens qui paraissent ridicules chez Orange.
A l’arrivée, la débauche de moyens chez Orange est efficace mais pas efficiente, et c’est le consommateur qui supporte le coût. Le caractère oligopolistique du marché fait le reste, et les 3 gros ont (bien) vécu sur un même modèle pas remis en cause jusqu’à l’arrivée d’un opérateur qui a une culture d’efficience, de rupture, et aucun héritage culturel venu d’un quelconque passé ayant de près ou de loin à voir avec le service public.
Dans le modèle efficient, c’est l’emploi qui est sacrifié et non plus le consommateur.
On peut tout à fait débattre d’un choix de société autour de l’efficience ou de l’efficacité et j’ai lu plusieurs fois l’argument de l’emploi pour justifier les stratégies et modèles d’Orange SFR et Bouygues. C’est respectable,. Mais clairement, ceux qui font le choix de Free ont une démarche de conso-acteurs, et ne sont pas prêts à subventionner des pans d’économie qui fonctionnent sur des modèles dépassés. La révolution numérique est justement une révolution qui porte sur l’efficience, donnant même à de simples particuliers des moyens de performance (en communication notamment) qui auraient fait rêver de grands groupes quelques années en arrière. Pas étonnant que les clients de cette révolution numérique soient sensibles aux résultats de l’efficience (et non pas du low cost : ce n’est certainement pas une performance low cost que j’attendais de Freebox et pas non plus de Free Mobile).
Excéllent commentaire !!
Belle analyse.
Pour la mienne (qui sera moins construite et qui tiendra plus, d’un sentiment ou d’un ressentiment), voici ce que « je » pense :
Dans la tête de beaucoup de monde (dont je fais partie), le low cost = faible prix avec un service minimum (Style Easy jet où chaque services est en sus).
Free pratique effectivement un faible prix mais je ne pense pas qu’il soit dans la catégorie que « J’ESTIME » être low cost.
Dans son forfait illimité, tout y est inclus (appel en france et vers d’autres pays, sms, mms et un fair used de 3go sans bridage de son utilisation).
Déjà rien que ça, il avait déjà dépassé, et de loin, ce que l’on me proposait chez la concurrence et, à un prix plus bas.
Effectivement, ils sont lent à se mettre en place mais l’arrivée des options « gratuites » de la messagerie sont des pas de plus. Il ne me semble pas (je dis peut-être une bêtise) que mon ancien fournisseur (BT) m’offrait la possibilité de consulter ma messagerie via mail.
Bref, pour le moment, vous l’avez compris, je suis très satisfait de ce qu’il y a déjà en place et me régale en imaginant la suite.
Merci VAR21 pour cette analyse très instructive et au-delà des partis pris.
Moi la gestion de la messagerie via l’interface web, je l’ai attendue 10 ans chez SFR, et je ne l’ai jamais eue.
Par contre depuis 2 mois j’ai déjà économisé 60€.
Autant je suis d’accord avec le haut niveau de l’analyse (s)low-cost, autant je ne suis pas du tout d’accord avec le contenu le graphique de coût, rapidement :
- le terminal n’est pas une charge pour l’opérateur historique, il devient au contraire une marge dès que le terminal est entièrement remboursé et que le consommateur « oublie » d’ajuster son forfait ou d’acheter un nouveau terminal.
- les coûts marketing et service généraux ne peuvent absolument pas être identique vue que Free Mobile a fait zéro publicité.
- les coûts de réseau doivent être beaucoup plus élevés chez Free car en cours de déploiement + payer l’itinérance Orange
- La taxe payée aux autres opérateurs ne peut pas être identique puisque Free Mobile perçoit une terminaison d’appel asymétrique en sa faveur en accord avec l’ARCEP pour entrer sur le marché.
Salut Lisa,
Il n’y a pas d’erreur.
Pour aller dans l’ordre:
-Le terminal est d’abord un coût avant de devenir une recette. Orange, SFR ou Bouygues doivent l’acheter (à crédit ou pas) avant de pouvoir le revendre.
-Ici l’étude nous dit que proportion Free a des budgets marketing égaux. Mais Orange par exemple est a un CA 30 fois supérieur…
-Pour le 3ème point effectivement, il n’ont pas vu l’asymétrie sur les TA. Cela veut donc dire que Free engrange plus de marge?
Les définitions sont là pour les dictionnaires et les juristes, le plus souvent un terme, mot ou expression est plus un sentiment ou ressenti pour une personne qu’une définition litérale qui sera toujours inexacte. En effet, comment définir exactement, succintement et exhaustivement low-cost (ou autre joyeuseté) qui est déjà un terme anglophone, doit-on prendre une traduction litérale et la définir après (bas-coût) ou doit-on se baser sur un franco-anglophone ayant une vision ressentie du terme dans son application dans le pays d’origine et pouvant le « définir » ?
Alors oui on pourra dire que FreeMobile tire vers le bas les coûts (ce que normalement essaie de faire toute entreprise souhaitant être rentable), mais FreeMobile les tire vers le bas pour le consommateur et c’est là que tout le monde annonce « C’est du Low-Cost !!! ». Alors je ne suis pas analyste ni dans le marketing mais je trouve dommage de voir les choses catégorisées dans des cases pas forcément adaptées sous prétexte qu’il n’existe pas d’autres définitions qui correspondent, on n’a qu’à les inventer ces cases pour adapter notre vocabulaire au nouveau marché.
Après vous critiquez la lenteur de Free pour lancer ses services que les autres ont déjà… Rappelez vous qu’à l’époque du lancement des 3 ogres il n’y avait que les appels voix (j’ai même pas souvenirs de l’arrivée des SMS) avec des téléphones à une ligne et 8 caractères, donc en gros ils n’avaient que les antennes à déployer (et BT a mis le temps à rattraper son retard). Aujourd’hui FreeMobile avait obligation de se lancer (contractuel du fait de l’achat de la license). A-t-il pour autant fait le minimum ? Non, on a les appels, les SMS, les MMS, la data et la messagerie (l’essentiel quoi)… Les services arrivent au fur et à mesure ? Tant mieux, au moins ils arrivent… Si je compare mon ancien forfait 2h chez Orange à 28 euros avec tout le reste hors forfait (SMS, MMS, data, …) avec un suivi conso à jour au bout de 24h dans le meilleur des cas (tandis que les forfaits bloqués étaient en temps réel) à mon forfait à 15,99€ pour du presque tout illimité (sans téléphone, ceci dit avec le coup en renouvellement exorbitant pour un truc correct je m’en passerai facilement).
Maintenant on cite SOSH low-cost de chez Orange sans être orange. J’ai pas été voir la définition de « une marque assumée par Orange » mais pour moi ça veut rien dire et c’est ainsi que l’on se fait démarcher lorsque l’on est client Orange et que l’on est plus engagé.
En fait, rien n’est simple et clair…
Exact. Justement c’est la raison pour laquelle dans un second temps, j’ai comparé. Puis dans un dernier temps, j’ai parlé d’un nouveau modèle que brigant m’a soufflé à l’oreille.
Bien sur nous n’avons pas tous les éléments sur le système économique de free mobile, mais je me souviens avoir lu qu’il ne commence à payer leur fournisseur de réseau mobile (nokia dans mon souvenir) qu’à partir de son fonctionnement. D’autre part l’accord d’itinérance avec l’ange en or minimise également l’investissement initial tout en commençant à gagner de l’argent. Ce sont aussi des exemples de « slow cost » qui, au lieu d’investir massivement, préfère financer les dépenses par des recettes.
J’ai pas de chiffres et ce n’est que mon avis perso mais je doute qu’ils n’investissent pas massivement… Et accessoirement je pense que certaines procédures légales doivent aussi ralentir l’investissement parce qu’il faut un accord avant d’implanter une antenne par exemple. Si à cela on ajoute un certain investissement pour absorber les milliers (ou millions) de demande d’abonnement, qu’il soit en temps ou en argent, ça décale aussi certains autres projets ou services à lancer.
Et à propos de ce que certains disaient de la « pauvreté » des offres puisqu’il n’y en a que 2 ce qui fait penser à du low-cost, je rebondis car j’ai lu ou entendu dans différentes interviews de X. Niel que FreeMobile devrait lancer un forfait (ou plusieurs) pour la data uniquement (carte 3G, tablettes, …) et contractuellement devrait aussi lancer des offres de cartes prépayées. Donc je pense que le lancement est sobre mais que l’avenir étoffera le catalogue de FreeMobile le rendant moins Low-Cost à nos yeux (mais pas envers les textes ;-D)
personne de censée ne pensait que le démarrage de Free mobile aurait été exempt de couacs et de bugs. nous servons de cobaye, comme pour la Freebox, avec le résultat que nous avons aujourd’hui.
low cost ? ne croyez-vous pas que Orange SFR et Bouygues pratiquent ce principe ? Chez SFR, visite à la boutique > réponse : contactez la hotline.
moralité : les boutiques ne sont là que pour vendre des forfaits, souvent supérieurs aux besoins des clients.
n’avez-vous pas dans votre entourage une grand-mère, avec un illimité, alors qu’elle ne voulait que pouvoir être appelée ou appeler son médecin ?
dans le principe low cost, le service est tiré vers le bas, alors que Free le tire vers le haut. la preuve les autres essaient de suivre.
jacques
Si on veut parler de l’efficacité des sommes allouées à tel ou tel poste, on peut. Mais force est de constater que ces points de vente existent et permettent aux 30% de Français qui n’ont pas internet de souscrire aux offres des grands opérateurs.
La FNAC ou DARTY voire the Phone House sont parfaitement capables de distribuer les offres des opérateurs sur le territoire auprès de gens qui n’ont pas internet. La preuve, ces enseignes le font. Le réseau boutiques des opérateurs n’apporte rien de ce point de vue, et est insatisfaisant sur les services « PLUS » qu’on attendrait.
Donc c’est bien un coût, et non pas un élément qui les différencierait, faisant de la concurrence sans boutiques une concurrence low cost. Le différenciant s’il existe est ailleurs.
Ou va la marge des operateurs historisques, mais c est mêmes opérateurs font combien de marge avec sosh , b&you et red ?
Justement, Sosh, Red et B&You ont été annoncé comme low cost: Pas de point de vente, pas de réseau de distribution, pas de SAV par téléphone= Low cost. Ils annoncent la couleur. Ici je voulais juste remettre une vérité en place: Free est bien un opérateur low cost. Comme dit dans l’article, cela ne signifie pas bas de gamme.
Pour nier l’analyse low-cost, je me base sur ce qui a changé immédiatement pour moi entre Orange et Free Mobile (en et en divisant ma facture):
- passé de 5H de voix à illimité
- passé d’un bridage vitesse data à partir de 1Go à 3Go
- partage de connexion payant devenu inclus dans mon forfait (et donc plus d’abonnement 3G pour mon iPad non plus)
Rien que sur ces données, la démarche n’est pas low-cost, mais « bénéfice consommateur ». Je constate que la messagerie accessible en ligne (et messages vocaux transmis par mail) qui m’avait terriblement manqué à l’étranger il y a quelques jours est enfin en place, et je sais que Free applique au Mobile sa démarche historique : full services, pas low cost.
Mais justement VAR21. Le low cost n’est pas une stratégie du service en baisse. C’est la stratégie du coût maîtrisé. Je le dit bien dans l’article, on ne parle pas de bas de gamme. On va tenter de trouver un poste sur lequel on peut rogner (exemple ici: le coût à l’achat des terminaux portables chez les constructeurs). Puis, on va proposer des services alternatifs moins chers à développer. Tout ce que tu cites; selon Xavier Niel, marge énormément (cf. interview et keynote de lancement). Pour moi, on est vraiment dans le low-cost, aussi bien dans la démarche que dans les faits.
En France, faire du low cost est péjoratif. Dans mon esprit ça ne l’est pas. Voila pourquoi j’ai tenté de rétablir ce que je pense être une vérité économique.
La définition citée de low cost associe l’offre minimaliste (le minimum de service suffisant au consommateur – ou la théorie du « good enough ») à une baisse des coûts.
Chez Free, on n’est pas du tout dans une offre minimaliste. Au contraire, on est dans l’étoffement des services et fonctionnalités et on pousse même les curseurs sur le coeur de métier. La baisse des coûts est là, mais l’offre n’est ni bas de gamme (fiabilité pourrie par exemple) ni « low cost » au sens où vous avez moins que chez la concurrence. Ca peut se discuter encore quelques temps pendant qu’il manque des trucs comme la messagerie vocale visuelle et autres bonus, mais ça ne tiendra pas à moyen voire court terme.
Combiné et réseau de boutiques sont à mon avis hors champs comme je l’explique plus haut.
Tu te trompes Var21. Le good enough est un concept pratique qui a été créé par le magazine Wired en observation des tendances des années 2000. Mais, même dans ce cas, le good enough c’est se rapprocher du client par le fait de fournir « les bons services » (concept très subjectif, car les besoins sont à géométrie variable). C’est le cas de Free, en offrant un maximum de petits services « innovants ». On sort tous les services qui coûtent chers en dépense de fonctionnement (« le capital humain », l’embauche quoi…).
Pour ceux qui liront ça et pour bien comprendre. Le concept du « good enough », en lien avec certaines stratégies low cost (pas toutes), est apparu aux USA après ce que l’on a appelé la « Brand defiance » (Défiance envers les grandes marques) dans la fin des années 90/ début des années 2000 (dégoût envers des entreprises comme Nike, qui pratiquaient déjà le low cost et le high price). En gros, c’est ce qu’il se passe en France actuellement. Il y a eu un recentrage des grandes marques vers le service « juste », dit « Good enough » (mais pas forcément le meilleur prix). Cette tendance a entraîné la restructuration de grands conglomérats pour d’abord aller vers leurs coeurs de métiers, puis réaffecter « l’humain » à d’autres tâches (on pourrait voir le passage de France Télécom vers le modèle Orange comme ce genre de restructuration).
En rayant l’approche du réseau de boutique et le fait de fournir un terminal portable Free Mobile fait du low cost, sans contestation possible, je pense. Ces 2 postes ont les coûts les plus élevés. A côté, l’entreprise déploie des technologies déjà existantes sur ses propres installations et matériels (modèle freebox). Ces technos existant déjà, le coût de développement est mineur par rapport. Développer pléthore de services (qui ne serviront qu’à 20% des abonnés, on le sait tous) permettra d’arborer un sapin d’arguments commerciaux qui cacheront la vérité absolue: Où est l’humain? (Ou reformulé: Qui a déjà vu un employé de Free dans sa vie?)
Free Mobile est, pour l’instant comparable à ING Direct. Banque sur internet, avec tous les services qu’il faut. C’est beaucoup moins cher. Mais le coût réel, à savoir celui du réseau de distribe, et les distributeurs de billets ne sont pas là.
Conso-acteur, moi à Cholet, j’en ai vu un qui était passé à la maison s’informer si la V5, que j’avais reçu en remplacement de celle en panne, fonctionnait correctement.
pour info, j’avais appelé le lundi matin, le vendredi UPS me livrait la nouvelle et reprenait la défectueuse.
dans le quartier, peut-être avait-il envie d’uriner ? il est resté 20 minutes, a été aux toilettes, pris un café et m’a montré diverses manipulations sur la V5.
jacques
En fait, on n’est pas d’accord avec toi (C-A) sur le terme de « low cost » sinon dans le fond on a tous un peu raison.
Mais pour moi, « low Cost » est égal à dire qu’une prestation est là mais sans les à côté.
Avec Easy-jet et autres compagnies, dite low Cost, on est dans ce cas de figure. Tu payes ton voyage mais il n’y aucun service compris (Petite collation à bord en sus, bagage en soute en sus, tu veux rentrer dans l’avion avant tout le monde en sus. Pas de billet : tu l’imprimes chez toi). Tout a été réduit au minimum (aussi bien moyen humain que service). On est loin de Free ici.
D’ailleurs, si tu as suivi, le discours du président de l’ARCEP, tu vois qu’il n’est pas non plus d’accord sur ce terme pour qualifier Free.
Il est vrai que Free n’est pas vraiment définissable, ils sont « à pars ».
Certes, d’un point de vue accueil, boutiques, information, prix, ça a tout du low-cost. Mais d’un point de vue service technologique c’est plus du high-tech.
Les 2 ne sont enfin de compte pas si éloigné. Car faire du service high-tech n’est pas si compliqué ni si onéreux. Ce n’est jamais qu’un peu d’électronique et d’informatique. Il suffit d’avoir une bonne petite équipe de développeurs et vous pouvez sortir des services et du matos tip-top pour un cout relativement faible (la fabrication de l’électronique en Asie coute une misère). Après, une gestion de société pragmatique et économe fait le reste.
Une question me taraude: free mobile n’a encore jamais publié le moindre bilan financier. Comment peut on sortir une telle étude? Ca repose juste sur du vent.
Si ca se trouve, free vent à perte Et fait 0 marge.
Bref…
La vente à perte est interdite en France. Et Iliad publie bien ses bilans puisque c’est une entreprise côtée.
J’aime bien le « ça repose juste sur du vent ». Quelle formation as tu pour avancer ça?
Formation ou information? Aucune mon capitaine.
Comme vous le dîtes, illiad est coté en bourse, donc aucun chiffre n’est public pour le moment. Donc cette étude comparative ne repose sur rien du tout.
Après, cela n’enlève rien au débat sur le low cost qui est très intéressant.