Les articles de Solveig Godeluck, sur le site du journal Les Echos, sont toujours très intéressants. La journaliste ne fait, cette fois-ci, pas exception en dressant, avec Guillaume De Calignon, les conséquences de l’entrée de Free sur le marché de la téléphonie mobile. Résumé.

282774 0201873526842 web Free Mobile pourrait engendrer des baisses de dividendes, des suppressions demplois, une baisse des rentrées fiscales et un surplus de croissance

Des dividendes en baisse

L’entrée de Free Mobile remet en cause la rentabilité des grands opérateurs. Avec des prix aussi faibles (2 euros et 19,90 euros), le trublion vient tailler des croupières aux géants du secteur. Or, si la rentabilité de SFR, Orange et Bouygues Télécom venait à baisser, ce sont les dividendes distribués aux entreprises qui seront amoindris.

Des investissements en chute

Les journalistes reviennent sur les investissements concernant la tenue et le développement des réseaux télécoms. Aujourd’hui, il faut pas moins de 4 milliards d’euros par an pour conserver le réseau actuel. Or, l’investissement serait la première variable d’ajustement pour les grands opérateurs. En effet, en plus de cette somme, il faudra injecter de 30 à 40 milliards d’euros pour développer la fibre optique et la 4G dans les prochaines années. Il pourrait y avoir des coupes sur ces deux derniers postes d’investissement.

Des restructurations à envisager

Les journalistes dressent un sombre tableau des perspectives d’emplois dans le secteur. Constat: 100 000 salariés chez France Télecom, 10 000 chez SFR, 9000 chez Bouygues et seulement 5000 chez Free. Même si le trublion a promis d’embaucher, Martin Bouygues fait planer le doute quant à d’éventuelles restructurations. Et même si France Télécom rejette l’idée de suppressions d’emplois, le lancement de Free Mobile mène à se poser des questions sur la capacité de France Télécom à maintenir ceux-ci. Les journalistes extrapolent une baisse de la rentabilité qui pourrait d’abord toucher les sous-traitants, dans le but de préservers les emplois en interne.

La baisse des rentrées budgétaires de l’Etat

L’Etat voit abonder son budget de deux façons concernant les opérateurs en téléphonie mobile. Tout d’abord, France Télécom verse des dividendes à l’Etat, puisque celui-ci est actionnaire. L’opérateur historique verse 1 milliard d’euro par an à ce dernier. Si France Télécom venait à engranger moins de bénéfices, ce sont ces dividendes qui pourraient baisser. La seconde façon d’abonder le budget de l’Etat, consiste à regarder ce que versent les opérateurs en TVA à l’état. Il s’agit de près de 2,6 milliards d’euros qui sont versés chaque année. Or, avec les prix des forfaits abaissés, les revenus de l’état devraient diminuer de manière drastique.

Dans ce contexte, une croissance est telle possible?

Il semble que la croissance soit largement impactée par le développement d’internet. Pour preuve, selon Ericsonn, un débit multiplié par 2 ferait croître le PIB de 0,3 points. Puisque Free Mobile ouvre largement ses débits, on peut considérer que par effet de ricochet (sur diverses activités économiques) le trublion aurait un effet bénéfique sur la croissance générale et viendrait ainsi contrebalancer les restructurations possibles dans le secteur des télécoms.

Source: Les Echos